Actualité territoriale : La lettre immaginaire

LE PLUS GRAND GRAND ATELIER D’ÉCRITURE DU MONDE !!!!

LA LETTRE IMAGINAIRE : les habitants à l’écrit

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L’expérience est récente. Elle date de mai 2012, à Nouzonville, territoire de 6400 habitants.
Où il s’est avéré impossible de mettre en place, dès janvier, quelque atelier que ce soit, pour les adultes, y compris un atelier d’écriture (qui représente l’avantage de pouvoir commencer à “pas nombreux“ et peut se poursuivre malgré des absences).
Ainsi, après réflexion, naît LA LETTRE IMAGINAIRE. Et malgré les congés d’été, cet atelier quasi virtuel compte plus de 70 personnes aujourd’hui.


C’est pourquoi, nous avons décidé de l’appliquer aux quartiers de Reims comme sur les campus des facultés et, à certaines communes marnaises, et ardennaises, en Haute-Marne.
Partout ou cela est possible (on en parle dans l’Ain, à Ferney-Voltaire, grâce aux auteurs de théâtre).
Une action nationale est en préparation pour 2015 avec la complicité des écrivains Associés du Théâtre et ses 400 auteurs partout en France
Pour que la population s’exprime, anonymement ou non ; pour que les témoignages ainsi récoltés puissent être exposés, lus en public, qu’ils servent dans les perspectives de l’année suivante, dans une mise en valeur de chacun des territoires, et par exemple (pour certaines de ses lettres) dans le cadre des commémorations de la “grande guerre“.
Et la “grande guerre“, malheureusement, a duré 4 ans. L’expérience n’est pas réduite, donc, à la seule année à venir.
Ces lettres seront utilisées par des écrivains de théâtre, notamment Didier Lelong et Alberto Lombardo avec d’autres, qui ont commande d’écrire une pièce de théâtre sur Reims et la première guerre mondiale.
Cette pièce parlera aussi des communes au nord de Reims, théâtre manifeste de cette guerre des tranchées.
Mais aussi, ces lettres vont être l’un des vecteurs essentiels de la proposition d’une mise en valeur de la VOIE VERTE ardennaise, notamment pour débuter, sur les trois vallées, ce qui inclut : le canton de Nouzonville, la Communauté de Commune Meuse et Semoy, pour un projet générateur, à n’en pas douter, d’emplois.
Mais aussi en Haute-Marne, pour interroger sur la connaissance patrimoniale de la population, ses coups de cœur, ses envies, des thématiques en vigueur sur de moments précis de la vie d’une ville, d’une région.

Présentation

L’objet porte en guise de timbre les logos des financeurs partenaires de la structure sur toutes ses actions en faveur de la lecture et l’écriture.
L’extérieur se présente comme une enveloppe kraft et donne le mode d’emploi, l’objet de l’interpellation et de l’invitation à répondre.
À l’intérieur, une enveloppe avec l’adresse où porter la lettre si les personnes ne la poste pas. Nous demanderons, dans les communes, aux mairies partenaires de bien vouloir recevoir les lettres.
En ville, nous demanderons aux partenaires locaux, dans les quartiers de les recevoir.
Et de bien vouloir installer dans leur hall d’accueil une boîte aux lettres spécifique.
Cette boîte sera inaugurée et permettra le lancement de l’atelier d’écriture.
Et c’est une lettre imaginaire, inventée, relative à chaque commune, à chaque quartier, qui s’adresse directement à un prénom, en parlant de la commune, du quartier, sur les thèmes ci-dessous cités.
Le récipiendaire devra répondre au signataire en tant que “le prénom“ à qui s’adresse la lettre.

Contenu de la lettre à laquelle doivent répondre les habitants

(placer les personnes dans une perspective) :
Deux thèmes dans quatre lettres différentes :
1 — imaginaire mettant en valeur le patrimoine local (sites, géographie, géologie, vie, économie...) ;
2 — imaginaire mettant en valeur le patrimoine historique, particulièrement au XXème siècle, la guerre 1914-1918.
La lecture des textes ainsi écrits par les habitants aura lieu lors d’un final dans les communes rencontrées et les quartiers partenaires.
En plus, plus tard, la présentation de la pièce écrite.

Comment répondre :

LA PATROUILLE PERMET L’ACCÈS À L’ÉCRITURE À PLUS DE 30% DE LA POPULATION (issue de l’alphabétisation, primo arrivante, personnes âgées percluses de rhumatismes, mal voyantes, handicapée, ...) en direct lors d’un contact avec la patrouille chez soi, en prenant un courrier au hasard et répondre écrivain public = la patrouille
Soit 3 auteurs (auteurs des lettres initiales) et un technicien qui sillonnent la commune, les quartiers.
Ils se positionnent en des endroits stratégiques (salle attente soins, sorties d’écoles, maison de quartier, commerçants, ...).
Un auteur ou deux sont en mesure de recevoir et écrire la parole des personnes à qui la lettre est lue.
Ainsi s’expriment ceux qui ne parlent pas bien le Français, l’écrivent encore moins, ou les personnes âgées percluses de rhumatismes, les néo-arrivants, le mal voyants, etc.

Équipe = 3 auteurs + 1 technicien (logistique table et tabourets, papier et crayons, ...)


Une façon, pour le théâtre, de se réinventer en démocratie !!!!


Bientôt sur toute la France avec les Écrivains Associés du Théâtre
à votre rencontre, bientôt !!!!!!

L’idée :

« La langue, la langue dialoguée, le théâtre, en particulier est un réel enjeu politique.
Que nos concitoyens puissent expérimenter la co-écriture au côté d’un artiste permet de désacraliser la production artistique.
LA LETTRE IMAGINAIRE favorise la simplicité, c’est un espace de rencontre, et non un lieu d’intimidation sociale. Ainsi, la langue, après le premier regard, est le véhicule de l’échange et de la rencontre. C’est le ciment d’une population pour se construire ensemble. C’est un fondamental à l’école de la République. C’est l’indispensable à la compréhension entre les individus, à la tolérance, à la reculade des peurs. C’est le ferment.
Elle est imprégnée de ce chacun est.
Elle s’enrichit du territoire où elle s’exerce.
Plutôt que “faire du théâtre“, apprenons d’abord à le lire, et à nous lire.
Immisçons-nous dans les rouages de l’écriture. La présence des auteurs génère l’accompagnement et l’accès au sens de cet art particulier. Et comme il devient difficile de téléphoner à Molière, d’envoyer un mail à Corneille, profitons des auteurs (parmi lesquels les Marivaux et Jarry patrimoniaux de demain) de leur vivant, dans le présent commun.
Alors sans doute le théâtre, lieu qui intimide et dont on se méfie, redevient l’endroit commun de l’échange, de la rencontre. C’est l’Agora.

LA LETTRE IMAGINAIRE est une proposition de rencontre avec la population.
C’est un programme qui mêle nos origines individuelles à notre vécu aujourd’hui ensemble et nous fait voyager dans une francophonie rassembleuse. C’est aussi un programme de la méthode, une initiation pour ouvrir la porte et qu’écrive le plus grand nombre.
C’est la mise en relation sans intermédiaire des artistes et de la population. Dans la convivialité.
Inventons l’expérience commune de l’écoute mutuelle.
Pour mieux nous retrouver dans la salle de spectacle et voir, avec notre jugement avisé / aiguisé par la connaissance de l’écrit, le résultat, bientôt, de notre tentative à tous d’un essor ensemble. »


Didier Lelong.


Directeur Artistique Le Facteur Théâtre